Sénégal : la frustration des étudiants grandit

La diffusion d’images montrant des violences sur le campus de l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar a provoqué une onde de choc au Sénégal. Après des affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, les autorités ont ordonné la fermeture du campus, renvoyant des milliers d’étudiants chez eux et plongeant leurs parcours académiques dans l’incertitude.
Des étudiants blessés et des parcours brisés
Bourama Sonko, étudiant en sciences politiques, fait partie de ceux qui ont dû regagner leur village. Sans bourse depuis des mois, il espérait terminer son cursus cet été. Désormais de retour dans la chambre qu’il partage avec des membres de sa famille, il tente malgré tout de poursuivre ses révisions.
Il raconte avoir été blessé lors de l’intervention des policiers dans son dortoir et affirme que les forces de sécurité sont intervenues sans avoir été provoquées. Bourama peine à se remettre des violences qu’il dit avoir subies.
Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, la police aurait fait usage d’une force disproportionnée. Si le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête, de nombreux étudiants jugent la réponse insuffisante.
Déception envers un gouvernement autrefois porteur d’espoir
Aly Cissé, étudiant en master de droit public, dit lui aussi avoir été frappé par plusieurs policiers alors qu’il se trouvait dans sa chambre. Il montre encore les traces des coups à ses camarades.
Il rappelle avoir participé, trois ans plus tôt, aux manifestations ayant contribué à porter l’actuel gouvernement au pouvoir. À l’époque, les dernières équipes dirigeantes – dont le président Diomaye Fayeet le Premier ministre Ousmane Sonko – incarnaient l’espoir d’un renouveau, d’une lutte contre la corruption et d’un avenir meilleur pour la jeunesse sénégalaise.
Mais pour Aly, comme pour beaucoup d’autres, la désillusion est profonde.
Avec une économie en tension et une population majoritairement jeune, les frustrations s’accumulent. Les étudiants réclament le respect des réformes promises et une gouvernance à la hauteur des attentes qu’ils avaient placées dans ce pouvoir.













