Portraits urbains : les « rois du café » itinérants à Conakry

À Conakry, l’effervescence urbaine se fait sentir grâce à l’activité incessante des marchands ambulants. Parmi eux, ceux qui sillonnent les routes avec leurs petites chariots à café attirent particulièrement l’œil. Plongée dans le quotidien d’Ousmane Diallo, un entrepreneur malin qui a fait des rues son lieu de travail.
À Bellevue, près de la statue représentant un éléphant, on peut reconnaître une figure familière : celle d’Ousmane Diallo. Ce jeune homme d’une trentaine d’années est vendeur de café à la sauvette depuis sept ans. Ce matériel est élémentaire : un petit chariot en métal à deux roues, généralement bleu, portant deux thermos de boissons chaudes, un récipient de sucre, des sachets de lait accrochés, et une gamme de thés et cafés.
« Patience et maîtrise de soi »
Pour Ousmane, son activité dépasse la simple recherche de revenus. C’est une véritable leçon de discipline. « Cela fait sept ans que je pousse cette charrette. Ce travail demande beaucoup de patience ainsi qu’une ferme maîtrise de soi. Ce n’est pas toujours évident, néanmoins, je fais preuve d’adaptabilité et j’accepte ce que chaque jour me réserve.
Le rythme est intense. En fonction des interactions, il peut servir une dizaine de clients, voire davantage. Café traditionnel, Lipton ou encore le fameux Café Touba, l’offre est riche. En ce qui concerne les revenus, la situation est différente. « Certains jours, je parviens à faire entre 30 000 et 50 000 francs guinéens. C’est un travail épuisant, mais nous faisons avec. Parfois les gains sont faibles, d’autres fois ils sont au rendez-vous », précise-t-il.
L’art de l’improvisation : le système D
Face aux imprévus économiques et aux moments calmes, Ousmane ne se laisse pas abattre. Pour élargir ses sources de revenus, il a ajouté une nouvelle activité : le cirage de chaussures. C’est une manière pour lui de ne pas se reposer uniquement sur une seule source de revenus.
« Je n’ai pas voulu me restreindre à un unique domaine. Quand les clients se font rares pour le café, je me tourne vers le cirage. La vie nous impose des choix, et puisque mon parcours scolaire n’a pas abouti, j’ai décidé de forger ma propre voie », déclare-t-il avec conviction.
Un maillon essentiel de l’économie informelle
L’histoire d’Ousmane ne constitue pas une exception.
À Conakry ainsi que dans d’autres zones du pays, les vendeurs ambulants occupent une place prépondérante dans l’économie locale. Loin des idées reçues, leur activité illustre une résilience impressionnante. Comme le dit le proverbe : il n’existe pas de petits métiers, seulement des petites mentalités. Ces travailleurs, grâce à leur ingéniosité et leur bravoure, contribuent activement à la vitalité économique du pays.















