Dernière minute : libération du militant Fodé Moussa Mara après plus de deux ans de détention provisoire (Avocat)

Le militant de l’ancien parti au pouvoir, récemment dissous par les autorités guinéennes, a recouvré la liberté dans la soirée du mercredi 11 mars 2026. Selon son avocat, la décision de justice a été rendue aux environs de 17h40 par le tribunal de Kaloum.
Me Mory Doumbouya, chez qui le prévenu a choisi de domicilier son adresse, s’est félicité de cette décision qu’il considère comme une correction d’une atteinte grave aux droits fondamentaux de son client.
L’avocat explique que le dossier a finalement été examiné après une succession de renvois qu’il jugeait injustifiés. Face à cette situation, la défense a décidé d’utiliser une procédure prévue par la loi.
« Le dossier a été traité aujourd’hui parce que, jusque-là, il ne cessait d’être renvoyé pour des raisons qui ne nous semblaient pas fondées. Nous avons donc choisi d’introduire un référé pénal. Le code de procédure pénale, dans son article préliminaire, point douze, donne cette possibilité à toute personne poursuivie. C’est ce recours que nous avons engagé ce mercredi devant le tribunal de Kaloum », a-t-il expliqué.
Ancien ministre de la Justice, Me Doumbouya affirme chez nos confrères de mosaïque que son principal objectif était de voir la procédure examinée par une juridiction indépendante et impartiale. Il estime que cette audience a enfin permis d’aboutir à une décision attendue.
« Ce qui m’importait dans cette affaire, c’était que la procédure soit examinée par une juridiction impartiale et indépendante. Nous avons toujours demandé la tenue d’un procès juste et équitable. Mais il y a eu de nombreuses turbulences, des contraintes et plusieurs renvois successifs. Finalement, l’audience a pu se tenir aujourd’hui et la juridiction correctionnelle a décidé de sa remise en liberté », a-t-il indiqué.
L’avocat espère désormais que cette décision marquera la fin des poursuites contre son client, Fodé Moussa Mara, connu sous le surnom d’El Sisi. Il précise toutefois que la défense reste disponible pour toute évolution du dossier.
Me Doumbouya a également rappelé que l’audience s’est tenue en présence du parquet de Kaloum et que les débats se sont déroulés de manière contradictoire. Selon lui, la longue détention provisoire subie par son client constituait une violation des principes d’un procès équitable.
« Notre client était placé en détention depuis 2023 dans une affaire correctionnelle. Plus de deux ans de détention provisoire dans ce cadre nous paraissent excessifs. Une telle situation va à l’encontre des normes d’un procès juste et équitable. Toute personne poursuivie a le droit d’être fixée sur son sort dans un délai raisonnable, au terme d’une procédure contradictoire devant une juridiction indépendante », a-t-il soutenu.
Pour l’avocat, la décision rendue ce mercredi vient corriger ce qu’il qualifie d’atteinte grave aux droits fondamentaux de son client.
« Attendre plus de deux ans sans être fixé sur son sort, c’est exagéré. Cette procédure portait gravement atteinte à ses droits fondamentaux. La juridiction a finalement corrigé cette situation ce soir », a-t-il conclu.















