Toumba Diakité transféré à Coyah : ses avocats réclament son retour à la Maison centrale de Conakry

Le transfert d’Aboubacar « Toumba » Diakité à la prison civile de Coyah, annoncé récemment, provoque de vives réactions. Son collectif d’avocats dénonce une décision qu’il juge arbitraire et contraire aux règles de droit.
Selon un communiqué transmis à Repère Guinée, les avocats ont appris le transfert via les réseaux sociaux dès le 9 février, avant toute notification officielle. Lorsqu’un membre du collectif s’est rendu à la Maison centrale de Conakry pour vérifier l’information, il s’est vu refuser l’accès, malgré son statut d’avocat.
Le communiqué indique que le Procureur Général aurait lui-même appris la nouvelle de la même manière, avant de confirmer officiellement le transfert le lendemain matin.
Pour la défense, cette décision pose plusieurs problèmes :
Absence de décision judiciaire : aucune juridiction n’aurait statué sur l’incident de fouille ou le contentieux avant le transfert.
Violation du Code de Procédure Pénale : les articles 1113, 1019 et 1020 stipulent que tout incident lié à l’exécution d’un jugement doit être soumis au tribunal ayant prononcé la sentence ou à la Chambre de contrôle de l’instruction.
Détention sans base légale à Coyah : Toumba Diakité, détenu à Conakry depuis mars 2017 sur mandat régulier, n’a actuellement aucun titre légal justifiant son transfert à Coyah.
Toumba Diakité avait été condamné le 31 juillet 2024 à 10 ans
d’emprisonnement pour crimes contre l’humanité. Bien que la décision fasse l’objet d’un appel, il a déjà purgé près de neuf années de détention, en comptant sa détention provisoire depuis 2017.
Face à ce qu’ils qualifient de « mesure arbitraire fragilisant l’autorité de la justice », ses avocats exigent :
La cessation immédiate de cette mesure.
Le retour immédiat de Toumba Diakité à la Maison centrale de Conakry.
Cette affaire soulève des questions sur la transparence et le respect des procédures judiciaires en Guinée.















