Kankan : Sona Traoré, gravement blessée au couteau par sa coépouse à Gbéléma
Une violente altercation entre deux coépouses aurait failli tourner au drame ce week-end à Gbéléma, un district relevant de la sous-préfecture de Kouban, dans la préfecture de Kankan.
Sona Traoré, qui affirme être victime de cette agression, dit avoir été attaquée à l’arme blanche par sa coépouse, alors qu’elle ne soupçonnait, selon elle, aucun conflit entre elles.
Selon son témoignage, tout aurait commencé après le passage de sa coépouse, prénommée « Odia », au domicile familial. Sona Traoré explique qu’elle était sortie effectuer une commission après avoir reçu 20 000 francs guinéens de sa mère. À son retour, elle aurait croisé sa coépouse, qui lui aurait expliqué être passée à la maison, mais n’avoir pas pu y entrer.
« C’est ma coépouse qui m’a blessée. Elle est venue chez nous pendant que ma maman m’avait donné 20 000 francs guinéens pour effectuer une commission. À mon retour, nous nous sommes croisées. Elle m’a dit qu’elle était passée à la maison, mais qu’elle ne m’y avait pas trouvée. Lorsqu’elle est arrivée, ma maman n’a pas accepté qu’elle entre. Elle est donc repartie avec Moussa. Elle m’a ensuite dit que Moussa nous attendait quelque part et qu’il fallait aller le rejoindre pour que nous puissions échanger ensemble. Moussa est notre mari. Nous sommes alors parties immédiatement sur le lieu indiqué. »
Mais une fois sur place, la rencontre aurait pris une tournure inattendue. D’après Sona Traoré, sa coépouse aurait prétexté un appel téléphonique avant de l’attirer à proximité et de sortir un couteau.
« Une fois sur place, elle a sorti son téléphone et a appelé quelqu’un, en me faisant croire qu’il s’agissait de Moussa. Elle m’a ensuite passé le téléphone. Au moment où je m’apprêtais à répondre, elle a sorti un couteau, me l’a placé sous le cou et a commencé à me trancher la gorge. J’ai essayé de lui arracher le couteau, mais elle m’a blessée à la main. Je suis tombée et elle m’a poignardée. »
La victime présumée affirme ensuite avoir réussi à se relever et à prendre la fuite, mais que son agresseuse l’aurait poursuivie avant de l’attaquer à nouveau.
« Malgré mes blessures, j’ai réussi à me relever et à prendre la fuite. Elle m’a poursuivie avant de se jeter une nouvelle fois sur moi. Elle m’a porté plusieurs coups de couteau dans le dos et sur les seins. Pendant qu’elle me blessait, elle m’a dit à l’oreille qu’elle ne voulait pas être associée à une autre femme auprès de son mari. Après cela, elle m’a abandonnée et est partie dans un autre village voisin, appelé Broumfè. »
Sona Traoré dit avoir été particulièrement surprise par cette agression, affirmant qu’elle entretenait jusque-là de bonnes relations avec sa coépouse. Elle assure qu’elles s’appelaient régulièrement et qu’aucune dispute ni bagarre ne les avait opposées auparavant.
« Pourtant, nous étions en bons termes. Nous nous appelions régulièrement, même après son mariage. Notre mari était lui-même allé la présenter à mes parents. Nous ne nous étions jamais disputées ni bagarrées auparavant. Je suis la première femme de notre mari et elle est la deuxième. »
Blessée au cou, à la main, au dos et à la poitrine, Sona Traoré affirme avoir échappé de peu à une issue plus grave.
Pour l’heure, son témoignage constitue la principale version disponible sur les circonstances de cette affaire. Les faits rapportés restent donc à établir par les autorités compétentes.
Kokoly Joseph Kolié, correspondant régional à Kankan