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Marins-pêcheurs en colère : les professionnels guinéens exigent une revalorisation de leurs conditions de travail - Groupe Evasion Guinée
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Marins-pêcheurs en colère : les professionnels guinéens exigent une revalorisation de leurs conditions de travail

À Conakry, les marins-pêcheurs guinéens maintiennent la pression pour obtenir une amélioration de leurs conditions de travail et une revalorisation de leurs rémunérations. Mobilisés depuis près de deux semaines, ils affirment qu’ils n’embarqueront pas tant que leurs principales revendications ne seront pas satisfaites.

Selon leurs représentants, le mouvement vise principalement à dénoncer les conditions de vie et de travail à bord des navires de pêche, jugées particulièrement difficiles.

Dramé Ibrahima Lala, représentant des marins-pêcheurs de Guinée, explique les raisons de cette mobilisation :

« Notre présence ici aujourd’hui est liée à nos conditions de vie à bord des différents navires de pêche. Nous réclamons une augmentation de salaire, ainsi que des primes et une revalorisation de nos conditions de vie. C’est la raison de notre présence ce soir. »

Des négociations toujours en cours

Les représentants des marins-pêcheurs ont déjà engagé des discussions avec les autorités. Une rencontre a notamment eu lieu avec le Directeur national de la Marine marchande, leur tutelle directe au ministère des Transports.

À l’issue de cette rencontre, aucun accord définitif n’a toutefois été trouvé.

« Nous sortons d’une négociation. Je peux vous dire que nous sommes au cœur des négociations et que nous ne sommes pas encore tombés d’accord. Mais nous espérons que les jours à venir porteront leurs fruits. C’est la raison pour laquelle nous sortons faire un compte rendu à nos amis. Mais nous les avertissons : tant que nous ne serons pas entendus, nous ne sortirons pas, nous n’irons pas dans les navires, jusqu’à ce que nos conditions soient bien remplies et acquises. »

Selon Dramé Ibrahima Lala, le Directeur national de la Marine marchande aurait pris des engagements pour tenter de répondre rapidement aux revendications des travailleurs.

« Concernant le ministère des Transports, nous avons rencontré son représentant, qui est le Directeur national de la Marine marchande, notre tutelle directe. Comme vous venez de le constater, nous sortons à l’instant d’une négociation avec lui. Il a pris des engagements fermes pour rétablir nos droits dans les plus brefs délais, et nous prions le Bon Dieu pour qu’il en soit ainsi. »

Salaires, primes et conditions de vie au cœur des revendications

Les marins réclament notamment l’amélioration de leurs conditions de vie à bord des navires, une augmentation des salaires, des primes journalières, un meilleur traitement à bord ainsi qu’une meilleure prise en charge de leur travail.

« Nos conditions sont les suivantes : l’amélioration de nos conditions de vie à bord des navires, l’augmentation des salaires, nos primes journalières, le bon traitement à bord et l’octroi de nos primes de travail. Ce sont là nos conditions. »

La question salariale constitue l’un des principaux points de blocage. Les marins affirment percevoir actuellement environ 2,5 millions de francs guinéens par mois, une rémunération qu’ils jugent insuffisante au regard de la pénibilité et des risques liés à leur profession.

Dramé Ibrahima Lala réclame ainsi une revalorisation substantielle :

« Entendre 6 millions ou 10 millions ne doit pas vous étonner. Actuellement, nous sommes payés à 2 500 000 FG. Nous demandons une revalorisation salariale bien au-delà de cette somme, car nous le méritons au vu du travail difficile que nous fournissons. Le métier de marin-pêcheur est l’un des plus dangereux au monde. »

Il compare également leur situation à celle de leurs homologues dans certains pays de la sous-région :

« Dans la sous-région, un marin du Sénégal ou de Guinée-Bissau est payé l’équivalent de 400 000 à 500 000 francs CFA, ce qui représente environ 7 à 8 millions de francs guinéens. Alors qu’un marin guinéen, lui, n’est payé qu’à 2 500 000 FG, à raison de 40 000 FG le jour et 40 000 FG la nuit, alors que nous travaillons 24 heures sur 24. C’est pour cela que nous demandons un minimum : 100 000 FG le jour et 100 000 FG la nuit, soit un salaire mensuel d’environ 6 millions de francs guinéens. »

Plus de 12 000 marins concernés, selon les représentants

Au-delà des revendications salariales, les représentants des marins-pêcheurs veulent attirer l’attention sur le rôle du secteur dans l’approvisionnement alimentaire du pays.

Dramé Ibrahima Lala estime que plusieurs milliers de travailleurs participent déjà à la mobilisation, sur une population professionnelle beaucoup plus importante à l’échelle nationale.

« Actuellement, nous sommes plus de 3 000 marins présents ici, mais nous sommes bien au-delà en réalité. Nous comptons plus de 12 000 marins-pêcheurs en Guinée. Nous nourrissons toute la population. Les poissons que vous voyez partout en Guinée et dans la sous-région, c’est nous qui nous sacrifions pour aller les chercher en mer. Pourtant, nous sommes oubliés par le gouvernement et par l’État. »

Pour les manifestants, cette mobilisation doit permettre d’obtenir des avancées concrètes et durables. Ils mettent en avant la pénibilité de leur métier, les risques encourus et les longues périodes passées en mer.

« Personne ne peut nier que nos conditions de vie sont pénibles pendant que nos employeurs ferment les yeux. C’est pourquoi, cette fois-ci, nous sommes unis comme jamais : aucun marin n’embarquera tant que nos revendications ne seront pas satisfaites. »

Alors que les négociations avec les autorités se poursuivent, les marins-pêcheurs restent déterminés à maintenir leur mouvement jusqu’à l’obtention de réponses concrètes.

« Cela fait maintenant plusieurs jours que la manifestation a commencé, presque deux semaines. »

Le bras de fer entre les professionnels de la pêche, leurs employeurs et les autorités se poursuit donc. Les prochains jours devraient permettre de déterminer si les engagements pris lors des négociations aboutiront à un accord et, surtout, à une reprise des activités en mer.

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