Kindia : les OPJ à l’école de la lutte contre la traite des personnes et sur les nouvelles dispositions légales.
L’atelier de vulgarisation de la loi spéciale sur la traite des personnes, du Code de l’enfant révisé et de certaines pratiques de gestion des dossiers au profit des officiers de police judiciaire (OPJ) de l’OPROGEM, venus de plusieurs régions administratives de la République de Guinée, a officiellement démarré ce lundi 10 août 2026 à Kindia.

La cérémonie de lancement s’est tenue dans la salle de réunion du gouvernorat de Kindia, en présence des autorités locales, des officiers de police judiciaire et des responsables de l’OPROGEM. Elle a été présidée par le gouverneur de la région administrative de Kindia, le Contrôleur général de police Mamadou Camara.
À cette occasion, le gouverneur de Kindia a rappelé aux participants les enjeux de cette formation.
<< La lutte contre les migrations et la protection de l’enfant sont devenues des phénomènes très récurrents sur l’ensemble du territoire national. Nous avons vu sur le littoral aujourd’hui, et partout, les migrants, chacun veut traverser, chacun veut quitter, mais les conséquences sont très énormes encore. Et de l’autre côté, du point de vue des infractions sur les enfants, nous constatons que généralement, ce sont les couches les plus vulnérables qui sont toujours exposées. >>
Il a ainsi exhorté les participants à accorder une attention particulière aux différentes thématiques abordées afin de renforcer leurs capacités sur le terrain.
<< Vu la sensibilité du sujet, nous avons exhorté l’ensemble des participants, mais aussi monsieur l’animateur, de faire en sorte que les participants quittent ici avec une satisfaction totale. Une satisfaction totale par la connaissance qui va leur être indiquée, mais aussi les différentes stratégies à mener sur le terrain pour l’identification des auteurs, mais aussi les premières mesures que, en tant qu’officiers de police judiciaire, ils doivent prendre pour que les suspects soient traduits devant les tribunaux. >> a-t-il exhorté
Pour le commissaire divisionnaire de police, directeur général adjoint de l’OPROGEM, Amara Sylla, l’objectif de cet atelier est notamment de renforcer les connaissances des cadres sur la loi spéciale relative à la traite des personnes, le Code de l’enfant révisé ainsi que certaines techniques de rédaction des rapports et comptes rendus.
<< Nous voulons que tous nos cadres soient au même niveau de formation et que la rédaction de nos différents actes soit uniformisée. Quand on parle de la traite des personnes, du trafic illicite d’immigrants, ce sont des infractions nouvelles que nos communautés ont connues, même sur le plan international. Ce sont donc de nouvelles normes qui se présentent. Il faudrait que la police se conforme à cela. C’est pourquoi nous parlons de la spécificité.>> a-t-il expliqué
Il a également insisté sur la nécessité d’adapter les pratiques des services de sécurité aux nouveaux défis liés notamment à l’exposition des femmes et des jeunes filles sur les réseaux sociaux.
Durant cinq jours, les 45 participants venus de différentes régions administratives du pays seront outillés sur plusieurs thématiques.
Mamadou Saliou Dramé, magistrat et consultant chargé de l’animation de l’atelier, est revenu sur les principaux modules retenus et leur importance pour les officiers de police judiciaire.
<< Nous aurons deux grands modules à dérouler. Il s’agit premièrement de parler de la vulgarisation du Code de l’enfant guinéen révisé, d’une part, et d’autre part, de la loi spéciale sur la traite des personnes. Ce sont deux thèmes extrêmement importants pour les officiers de police judiciaire à travers le projet, pour que l’on puisse comprendre quelle est la nature des infractions qui peuvent être commises, ainsi que la conduite à tenir par les officiers de police judiciaire. >> a-t-il fait savoir
Selon lui, cette formation intervient dans un contexte marqué par de nombreuses violations des droits de l’enfant.

<< Aujourd’hui, notre pays traverse beaucoup d’événements, notamment cette violation des droits de l’enfant. Vous voyez souvent des violations des droits de l’enfant à travers des brutalités, des actes qui sont inhumains, cruels, parfois qui vont jusqu’à la mort des enfants. Donc, il faudra expliquer aux officiers de police judiciaire quels sont les droits et surtout quels sont les devoirs de l’enfant. Deuxièmement, à travers la loi spéciale sur la traite des personnes, il s’agit de lutter contre les trafiquants. >> a-t-il rappelé.
Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com.